GINGA TETSUDÔ 999
ANALYSE DE L'OEUVRE
Un parcours initiatique


Il est bien entendu impossible de parler de GINGA TETSUDÔ 999 sans évoquer son caractère initiatique : comme dans la plupart des autres oeuvres de Leiji Matsumoto, un jeune adolescent d'aspect ingrat découvre la vie au travers d'une jolie jeune femme emplie de mystère, qui semble détenir toutes les clés de son existence mais cultive le mystère en exerçant sur lui une emprise discrète mais totale. Chacune des épreuves que Tetsurô traverse ne serait-elle pas savamment prévue par Maetel comme une étape supplémentaire nécessaire à le conduire où elle veut le mener ? Maetel a-t-elle seulement la charge de protéger l'enfant jusqu'à sa destination finale, ou bien son rôle est-il de le faire passer par un certain nombre de passages obligés afin qu'il rentre dans la destinée qui lui a été tracée d'avance (et là on rejoint un thème cher à l'auteur) ?

On parle souvent, en langage populaire, de 'remettre quelqu'un sur les rails"... C'est bien la preuve que l'image du chemin de fer est puissante dans ce qu'elle évoque de sécurité, de fiabilité, mais aussi d'immutabilité : il n'y a pas d'autre moyen que de suivre le chemin tracé d'avance pour se rendre là où l'on doit. Le trajet du Galaxy Express 999 devient alors une image à peine voilée du passage de l'enfance à l'âge adulte : le garçon laisse derrière lui ses rêves et sa sensibilité d'enfant sur la Terre pour atteindre la planète où il accomplira son devoir en adulte. Sa promesse à lui-même de ne pas pleurer quoi qu'il arrive est commune à plusieurs des héros masculins de Leiji comme Tôchirô ou Harlock ("il faut toujours pleurer pour les autres mais ne jamais verser une larme pour soi-même"). Cette prise de décision est comme une scarification rituelle ou la mise à mort d'un fauve dans certaines cultures dites "primitives" : elle représente le moment où l'enfant endosse le rôle de l'adulte en présence de ceux qui lui sont chers — ici, Maetel, sa famille de substitution.


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Ginga Tetsudô 999 © 1977-81 Leiji Matsumoto / Tôei Animation
Ce dossier exclusif © 2003 Stéphane Beaumort / BIS Productions
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