1975-1985 :
L'ère de l'animation


 Leiji Matsumoto vers 1975  Alors que 1975 pointe à l'horizon, Leiji réalise un vieux rêve en commençant à travailler dans l'animation comme character designer de UCHÛ SENKAN YAMATO, la série télévisée tirée de sa bande dessinée. Cette série obtiendra un succès phénoménal au Japon et dans le monde entier (étant dans beaucoup de pays son oeuvre la plus connue), mais hélas pas en France, où la série n'intéressera pas les chaînes.  affiche promotionnelle de la série GE 999 © 1978 Tôei Animation / Leiji Matsumoto Sa longévité sera extraordinaire : trois saisons, cinq films, et même une OAV, soit un succès de plus de 20 ans, ce qui est rare dans le monde de l'animation.

En 1977-78, Matsumoto va réitérer l'exploit Yamato en réalisant un doublé gagnant : les manga Uchû Kaizoku Captain Harlock (Albator) et Ginga Tetsudô 999 (Galaxy Express 999) connaîtront un très grand succès au Japon, et donneront lieu l'année suivante à de fantastiques adaptations télévisées très fidèles au graphisme et à l'atmosphère des mangas. Alors qu'Harlock parle de liberté, de résistance, de refus de l'ordre établi et de la soumission à toute forme d'aliénation et d'oppression, Galaxy Express 999 est une réflexion sur l'immortalité, la place de la machine et le danger de réaliser certains rêves.  Dangard A (Ace) © 1977 Leiji Matsumoto Cette oeuvre majeure reste d'ailleurs toujours la préférée des Japonais, avec son héroïne étrange, initiatrice ambiguë dont on ne connaît jamais réellement les desseins ultimes.

Leiji pourrait se contenter d'un tel succès, mais il travaille en même temps sur une troisième oeuvre, Dangard A (Ace), mais ni le manga, ni la série, bien que d'une qualité honorable, sont moins originaux et ne connaîtront le succès des deux autres oeuvres (d'aucuns considèrent Dangard A comme la première série de robots transformeurs de l'histoire). Leiji s'impliquera aussi, dans une bien moindre mesure, sur un quatrième dessin animé, STARZINGER, adaptation télé  Insect © 1975 Leiji Matsumoto de la fameuse légende Saiyûki (sur laquelle le maître Tezuka travaillera aussi). Et comme si ça ne suffisait pas, il sort aussi en 1978 la deuxième série télé et le 2ème film long-métrage de Yamato !

 Queen Millenia © 1982 Tôei Animation / Leiji Matsumoto Tout ce travail dans l'animation n'occupe même pas Matsumoto à temps plein, car même s'il a un peu levé le pied sur les mangas depuis Yamato, sa production annuelle en la matière reste impressionnante. Citons seulement Miraizer Ban (1976), qui raconte l'épopée du père de Maetel et Emeraldas et sa quête d'immortalité, Insect/Insecters, aventures fantastiques dans des mondes d'hommes-insectes.

Devant le succès de Galaxy Express 999, Leiji concocte pour le cinema un magnifique long-métrage en 1979, tandis que la même année, une 3ème et dernière série télé Yamato voit le jour. Puis, l'année suivante, il participe au troisième long-métrage tiré de la série, intitulé Yamato yo Towa ni (Be Forever Yamato), cette fois comme co-réalisateur. Il réalise aussi un autre projet, MARINE SNOW NO DENSETSU (Légende de Marine Snow), qui restera un one shot. La même année, Leiji lance une nouvelle BD intitulée Sennen Joô, inspiré du plus vieux livre de SF de l'histoire, le récit millénaire des coupeurs de bambou. L'année suivante, le manga deviendra à son tour une oeuvre d'animation, exportée sous le nom de QUEEN MILLENIA.

 Adieu Galaxy Express 999 © 1981 Tôei Animation / Leiji Matsumoto La même année, le film Sayonara Testsuro 999 Andromeda (Adieu Galaxy Express 999) termine pour un temps la saga Galaxy Express, mais l'année suivante, à la demande de la chaîne de télévision Tôei, une autre saga reprend du service puisque, non content de produire un film long-métrage de Queen Millenia, Leiji sort aussi en salles le film de Captain Harlock intitulé Waga Seishun No Arcadia  Waga Seishun no Arcadia © 1982 Tôei Animation / Leiji Matsumoto (l'Atlantis de ma jeunesse). Devant le succès de ce long-métrage, une série est produite dans la foulée. Hélas, même si l'animation s'est nettement ameliorée par rapport à la première série, les scénarios sont moins inspirés, le public visé est plus jeune et l'ambiance si particulière de la première série est absente. Mise en concurrence en prime time avec Lâmu, la série ne cesse de perdre de l'audience et s'interrompt en 1983 après seulement 22 épisodes, laissant un Leiji amer qui ne reviendra plus à la télévision pendant près de 20 ans.

Leiji Matsumoto mettra aussi un terme la même année aux aventures du Yamato avec le scénario du 5ème et dernier long-métrage, Uchu Senkan Yamato Kanketsukan (Final Yamato). Finalement, en 1985, il mettra fin à 12 années dans l'animation avec le très beau Arei no Kagami (le miroir d'Arei) un court-métrage de science-fiction réalisé pour l'exposition universelle au Japon. Commencera ensuite pour l'auteur une période de quasi-inactivité qui ressemblera beaucoup pour certains à une traversée du désert.


biographie réalisée par Stéphane Beaumort pour ARCADIA 2000 © 2002 BIS Productions - Tous droits réservés